Mercredi, 9 mai 2018

Mai 68 : le début de 50 ans de militantisme politique

En mai 1968 je suis âgée de 15 ans et demi et élève de première C (mathématiques) au lycée Marie-Curie à Sceaux. C'est un lycée de jeunes filles (2500 élèves en 1958), la majorité des lycées de l’époque n'étant pas mixte.

Le système éducatif est alors très différencié socialement.

Jusqu'en 1959, les cours complémentaires annexés aux écoles primaires permettent à quelques enfants des milieux populaires, notamment des jeunes filles, de dépasser l'enseignement primaire à une époque où seuls les enfants de la bourgeoisie, à l'exception de quelques boursiers, ont accès à l'enseignement secondaire. En 1959 l'examen d'entrée en 6ème est supprimé et la scolarité obligatoire passe de 14 ans à 16 ans.

Puis sont créés les CEG (collège d'enseignement général) où vont très majoritairement les élèves des classes populaires. Ils peuvent sortir avec le certificat d'études à 14 ans ou s'ils sont bons élèves aller jusqu'en 3ème où ils passent le brevet élémentaire. Ce brevet permet d'entrer dans la vie active notamment dans le secteur des services qui commence à se développer (banques, assurances). Passer du CEG au lycée est alors très difficile. En 1970, il y a encore 67% des enfants d'ouvriers qui arrêtent leurs études avant 15 ans.

Il y a 1 100 000 élèves dans le secondaire en 1950, 2 628 000 en 1960 et 4 654 000 en 1970.

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Lundi, 29 janvier 2018

Législatives partielles : les candidats du gouvernement reculent

- La première leçon des deux législatives partielles de ce week-end est la marée d'abstention, 29,5% de participation dans la 90-1 (Belfort) contre 49,74% en juin et 20,33% contre 48,09% dans la 95-01 (Pontoise).

- Dans les deux cas les député.e.s invalidé.e.s arrivent en tête. Les électeurs qui se sont déplacés ne leur tiennent pas rigueur de l'annulation (pourtant à Belfort l'élu LR de juin est accusé de faux tracts !) et les autres ont préféré rester chez eux.

Au final ces deux constantes des partielles d'un fort taux d'abstention et de la prime au sortant semblent, au soir de ce premier tour, perdurer.

Dans les deux cas, les candidats LREM reculent nettement, moins 5 points par rapport à juin avec moins de la moitié des voix dans la 90-01 et moins 6 points et demi avec seulement un tiers des voix de juin récupérées (34,51% exactement) dans la 95-01.

A l'inverse les candidats de la droite traditionnelle mobilisent mieux leur électorat (95,87% de celui de juin dans la 90-01 et 56,47% dans la 95-01) et progressent en % dans les deux circonscriptions : +15,32 points à Belfort et quasiment 6 points de plus à Pontoise.

Alors que l'électorat de droite apprécie la politique économique et sociale menée par Macron que l'UMP n'a pas osé faire, celui qui s'est mobilisé ce week-end préfère quand même voter pour l'original LR que pour la copie LREM.

L'autre enseignement de ces partielles est la débâcle du PS avec 2,6% à Belfort !!! ancienne circonscription de Chevènement puis de Raymond Forni, président de l'assemblée nationale. Certes c'est un peu mieux dans la 95-01 avec 6,88% mais cela montre que le score de Hamon à la présidentielle n'était pas qu'un mauvais moment à passer pour le PS. Le PS est relégué à un statut de force politique résiduelle.

EELV avait choisi de présenter des candidats dans les 2 circos alors qu'en juin ils soutenaient le candidat commun MRC-PS à Belfort où cette fois-ci ils ont visiblement réussi à attirer une fraction de l'électorat PS déçu. Lorsqu'on regarde de plus près la situation dans la 95-01, on voit qu'il y avait 3 candidats se réclamant de l'écologie en juin : EELV, le Trèfle et l'AEI. La somme de leurs résultats en pourcentage 6,87% correspond au score de janvier de la seule candidate EELV 6,88%. Il y a donc stabilité du vote écolo.

Globalement on peut supposer qu'une fraction de l'électorat, tant LR que PS ou EELV qui avait pu être attiré en juin par un vote pour En Marche, est peut-être cette fois-ci retourné vers son vote d'origine.

Le FN recule très nettement perdant 10 points dans la 90-1 et 5 points dans la 95-1. Certes il sort vainqueur de son affrontement avec les Patriotes de Philippot qui ne font que des scores dérisoires (1,19% et 1,99%). Mais si on totalise les voix de tous les candidats d'extrême-droite on se rend compte que le recul n'est que de 4,17 points dans la 90-1 et qu'il y a même une progression d'1 point dans la 95-01 (18,24 au total contre 17,37 en juin). Dans les deux cas l'apparition de candidat Debout la France (4,31% et 3,82%) pourtant absents en juin a affaibli les scores du FN plus que ceux de LR.

Du côté de la France Insoumise il s'agissait des premières partielles pour ce nouveau mouvement politique et ce dans deux circonscriptions de droite. Il était donc difficile de prévoir comment se comporterait son électorat. Les résultats sont encourageants car ils montrent que les scores de juin n'étaient pas un simple effet de soufflet uniquement lié au lien présidentielle/législatives. Elles ont aussi permis de tester la capacité de mobilisation et d’initiatives dans des territoires pourtant pas des plus favorables. Bravo aux équipes locales pour leur investissement.

Dans ces deux partielles, la France Insoumise qui était arrivée an quatrième position derrière le FN dans ces circonscriptions de droite, passe aujourd'hui en troisième position devant le FN et s'affirme ainsi clairement comme la première force d'opposition populaire.

Maintenant la configuration politique était différente entre les 2 circonscriptions. Dans la 90-1, Anaïs Beltran était candidate FI soutenue par le PCF (qui avait présenté un candidat en juin) et par le MRC (qui était le candidat commun au PS au MRC et à EELV en juin). Le résultat montre qu'il n'y a pas eu addition des voix (11,62% contre 12,17% en juin pour la seule FI). Certains des électeurs FI ont reproché l'alliance avec deux forces politiques assez éloignées de l'écologie. il est ainsi démontré que les grandes incantations au rassemblement à gauche ne rencontrent pas d'écho dans l'électorat lorsque cela apparaît trop artificiel.

Dans la 95-1 Leila Said, candidate FI, a vu son score progresser de 1,34 points et arrive même en tête dans sa ville de Persan, deuxième ville de la circonscription, avec 22,91% des voix.

Ces deux partielles sont au final pleines d'enseignement sur l'état des forces politiques actuelles. On peut dire qu'il y a aujourd'hui trois forces politiques principales, chacune avec des évolutions contrastées, qui structurent le champ politique mais avec une bagarre de leadership à droite entre LR et LREM. La France Insoumise s'affirme de son côté comme la première force d'opposition et d'opposition populaire aux politiques libérales et désastreuses pour l’environnement.

Lundi, 4 décembre 2017

Corse : comme ailleurs, la référence à la gauche n'est plus efficiente

Les résultats de l'élection territoriale Corse montrent un raz de marée de la liste autonomiste conduite par Gilles Siméoni.

Quelques petits rappels de l'histoire politique Corse pour comprendre

La scène politique corse a longtemps été dominée par un partage entre les clans liés au PRG au nord et ceux liés à la droite au sud.

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Lundi, 20 novembre 2017

Chili : l'irruption du Frente Amplio

Ce dimanche, des élections générales, présidentielle, législatives et des conseillers régionaux, ont eu lieu au Chili.

ET la plus grande surprise de cette élection est le résultat de la candidate du Frente Amplio (coalition de 14 partis anti-libéraux), Beatriz Sánchez qui arrive en troisième position avec 1 million 336 622 voix soit 20,27% derrière le candidat de la coalition La Fuerza de la Mayoria , Alejandro Guillier ancien journaliste de télévision, arrivé en deuxième avec 1 million 496 560 voix soit 159 938 voix d'écart et 22,70% seulement 2 points et demi de plus ! Les sondages l'avaient systématiquement minoré, lui donnant entre 10% et 14%, ce qui a pu la défavoriser en poussant à un vote utile pour Guillier contre Piñera. Il s'agit du meilleur score jamais obtenu depuis 1989 par une candidate hors système.

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Mercredi, 15 novembre 2017

Comment les ordonnances travail vont changer la vie de millions de gens

Cela concerne directement 18 millions de salarié.e .s du secteur privé mais avec les familles bien plus de citoyens sans compter que tout recul dans un secteur se propage vite aux autres secteurs dont le secteur public par un matraquage idéologique opposant les fonctionnaires soit-disant « privilégiés » et le reste des salarié.e.s

Objectif annoncé par le gouvernement sous un nom trompeur : Renforcer le dialogue social

Le Code du travail serait trop gros 3000 pages en réalité 675 p le reste est de la jurisprudence (Code des assurances 2092)

Il faudrait une baisse des coûts et des charges pesant sur les entreprises

Cela passerait par plus de liberté, d'égalité, de sécurité selon le site du ministère du travail

Que va-t-il en réalité se passer ?

Une baisse des protections et un accroissement de la précarité alors que la France est championne d’Europe des dividendes versés aux actionnaires : 35 milliards ont ainsi été distribués par les grandes entreprises au deuxième trimestre 2016, soit une hausse de 11 % en un an et que selon l'OCDE les mesures fiscales vont profiter aux 10% les plus riches.

Avec l'ubérisation il s'agit de la poursuite d'une individualisation des rapports sociaux. Il ne faut pas oublier que certains au Medef voudraient la suppression d'un droit spécifique du travail et faire relever les contrats de travail du droit courant des contrats présent dans le code civil.

Les mesures qu'on retrouve viennent des 44 propositions du Medef parues en 2004 issues du rapport Virville à l'époque DRH Renault sur la modernisation du droit du travail. Beaucoup ont été mises en œuvre sous Chirac, Sarkozy puis Hollande. Ces ordonnances viennent répondre aux exigences non encore satisfaites.

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