Lundi, 27 février 2017

Accord Hamon-Jadot : un accord de dupes

La démocratie en aura quand même pris un coup dans cette histoire. Rappelons que Yannick Jadot avait milité pour une participation à la primaire de toute la gauche avec le PS. Faute d'obtenir l'accord de son mouvement, il s'était résigné à se présenter à la primaire EELV dont on nous a vanté la démocratie. Pourtant déjà des militants EELV avaient mis en doute sa volonté d'aller jusqu'au bout. Mais Jadot jurait ses grands dieux qu'il n'était pas question qu'il retire sa candidature.

Le vote après coup : une spécialité d'EELV

On voit comment tout cela se termine. Les négociations avec Hamon étaient déjà lancées publiquement que les participants à la primaire EELV étaient appelés à voter pour savoir s'ils étaient d'accord. Drôle de démocratie. Puis Yannick Jadot annonce en direct au 20h de France 2 le 23 février le retrait de sa candidature sans que les mêmes votants aient été consultés. Pour se rattraper une consultation est organisée en catastrophe alors qu'écœurés plusieurs militants EELV annoncent leur démission sur les réseaux sociaux.

Le résultat de cette consultation est significatif : 9 433 votants sur 17 146 inscrits à la primaire soit une participation de 55% contre 13 778 votants lors du premier tour de la primaire soit 3345 votants de moins. Les militants ont donc voté avec leurs pieds. Pour ceux qui ont exprimé une opinion, 80% ont voté pour l'accord et le retrait de Yannick Jadot soit environ 7500 votants pour, 15% ont voté contre, 5% se sont abstenus.

Depuis la candidature de René Dumont en 1974, ce sera la première fois que les Verts ne présenteront pas de candidat à l'élection présidentielle.

Quel accord ? Et pour quelle majorité ?

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Lundi, 30 janvier 2017

Benoît Hamon : le candidat du grand écart

Benoît Hamon a gagné la primaire de la Belle Alliance populaire et devient donc le candidat du PS. Pour les autres forces participantes à cette primaire, PRG et groupes écolos menés par F de Rugy ou JL Bennhamias, attendons de voir car au vu des déclarations de leurs candidats, le ralliement à la candidature de Benoît Hamon n'est pas assuré. F. de Rugy soutiendra plus vraisemblablement E.Macron comme le PRG. Ce dernier est d'ailleurs en voie d'éclatement. Certaines de ses fédérations comme celle du PRG35 et de nombreux de ses élus ont déjà franchi le pas en direction d' »En marche ».

Mais à vrai dire côté PS cela n'a pas l'air de se passer si bien non plus. Beaucoup de partisans de M. Valls ne peuvent sous aucun prétexte envisager de soutenir un candidat et un programme avec lesquels ils sont totalement en désaccord et ce alors qu' Emmanuel Macron, correspond bien mieux à leurs attentes politiques.

La spirale de l'éclatement du PS est donc en marche et B. Hamon risque à terme de régner sur un champ de ruines. De plus, comme il l'a reconnu lui-même, difficile de demander à M. Valls de faire campagne pour des propositions qu'il a lui même largement critiqué.

La mise en scène samedi de son investiture sera d'ailleurs très instructive avec l'appel à l'ensemble des forces de la Belle Alliance Populaire. M. Valls a déjà annoncé qu'il avait piscine. Mais y verra-t-on les ministres du gouvernement, madame El Khomry par exemple ou monsieur Jean-Michel Baylet ou Madame Marisol Touraine etc ?

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Jeudi, 12 janvier 2017

Écologie et présidentielle : analyse des programmes

Doucement, les candidatures à l'élection présidentielle se précisent.

Avenir en commun

Aujourd'hui, avec l'annonce de 517 parrainages, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise, confirme qu'il sera bien présent à l'élection présidentielle. Il y sera porteur du programme l'Avenir en commun . Ce programme sera complété par des livrets thématiques afin de préciser et affiner les diverses propositions.

Le livret agriculture est déjà en ligne . D'autres viendront compléter la partie écologie : Planification écologique et règle verte, Pour une énergie 100% renouvelable, Déchets, Forêt, Mer et pêche, Ruralité et aménagement du territoire, Transports, Eau.

Peu à peu les candidats dévoilent leurs propositions en matière d'écologie. Je vais donc les passer en revue sur ce blog dans plusieurs billets.

Aujourd'hui, je parlerai du programme de Yannick Jadot, candidat d'EELV. Sa candidature n'est pas assurée car il doit obtenir les 500 parrainages. Or cela va être beaucoup plus difficile qu'en 2012, notamment parce que le nombre d'élus écologistes pouvant légalement signer a beaucoup diminué (autour de 240 conseillers régionaux en 2012, une soixantaine aujourd'hui par exemple) et d'autres ont quitté EELV pour suivre De Rugy et Placé.

En attendant Y. Jadot fait campagne et hier il a présenté son programme intitulé La France vive.

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Vendredi, 23 décembre 2016

Lyon-Turin : la honte d'un vote à la sauvette

Ce matin l'accord pour les travaux définitifs de la section transfrontalière de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin a été voté à l'assemblée nationale sans même un débat sur la nécessité ou pas de cette ligne, sur les dégâts à l'environnement et sur les conflits d'intérêt en jeux.

Plainte d'Anticor au sujet des conflits d'intérêts :

Les lobbies ont gagné leur bataille institutionnelle dans la grande réconciliation de tous les groupes politiques existants à l'assemblée pour un projet inutile, néfaste et coûteux.

Mais ce vote de la honte n’arrêtera pas la détermination de toutes celles et tous ceux qui se battent pour l'intérêt général. La présidentielle est l'occasion de renvoyer cette proposition aux oubliettes en votant pour Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise qui a clairement pris position contre ce projet désastreux.

Voir sa déclaration sur le sujet :

Voir le communiqué de la coordination des opposants au projet après le vote à l'assemblée nationale :

Jeudi, 3 novembre 2016

Il reste 5 jours pour empêcher le bradage de la démocratie électorale

Dans un billet précédent je vous expliquais la volonté du gouvernement de supprimer l'envoi postal des circulaires et bulletins de vote.

Cette question était abordée ce matin en commission élargie (réunion associant plusieurs commissions dont les finances et les lois dans ce cas présent) de l'assemblée nationale. De nombreux députés avaient déposé des amendements de suppression de l'article 52 sur le sujet, mais bizarrement d'ailleurs ni les députés EELV ni ceux du PCF.

Le ministre, Christian Eckert a précisé que cette proposition était présentée en total accord avec le ministre de l'intérieur. Ses arguments : 170 millions d'euros d'économie ainsi qu'un supposé gain environnemental.

Côté environnemental, selon l'ADEME une consultation sur internet qui dure plus d'une demi-heure ne présente pas un bilan environnemental plus intéressant que l'impression de l'équivalent de pages. Or la moyenne des candidats par circonscription était de 11,5 en 2012. Sachant que les professions de foi sont en général sur des recto-verso, en papier recyclé par obligation légale, le calcul est vite fait : le gain est nul.

Côté réduction des dépenses : on pourra rapprocher ces 170 millions de réduction aux 3,2 milliards d'augmentation prévue pour le CICE. Visiblement pour ce gouvernement PS mieux vaut des cadeaux aux grandes entreprises pour qu'elles puissent encore augmenter leurs dividendes plutôt que de permettre à la démocratie de fonctionner.

Outre l'atteinte au principe d'égalité à l'information, on va avoir une prime donnée au député sortant et une discrimination envers les candidats n'appartenant pas aux forces du système. Quant au second tour, les électeurs auront peu idée de qui s'affrontera et combien puisque cela peut aller de 1 seul candidat à 4 contrairement à la présidentielle où seuls 2 candidats peuvent se maintenir.

Cette mesure a été rejetée en commission. Elle passera mardi après-midi au vote dans l'hémicycle. Nul doute que le gouvernement va continuer à défendre sa position.

Sans oublier que la même mesure est prévue pour la présidentielle, cette fois-ci par décret. Le "battage médiatique" comme cela a été dit par un député serait suffisant pour faire connaître les dates du scrutin et les candidats autorisés à se présenter.

C'est vrai que connaître le programme des candidats à la présidentielle est secondaire pour décider de son vote ! Triste démocratie où les élus du peuple ne se posent même plus la question d'encourager le débat public ni d'aider à ce que le choix s'effectue de manière éclairée et en pleine connaissance de cause.

Il est donc encore temps de signer la pétition pour exiger l'abandon de ce déni de démocratie :

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